Homerdusud a écrit : Aujourd’hui, 15:02
Le concombre masqué a écrit : Aujourd’hui, 10:29
Il y a une logique dans toutes les mesures prises.
Les mégabassines servent essentiellement à un type de cultures, protéines végétales, dans le but de nourrir du bétail.
Les fermes usines ont besoin de ces protéines végétales pour produire de la viande à bas coût.
Viande qui se retrouve essentiellement sur les marchés d’exportation.
On n’est pas dans une politique de résilience alimentaire pour le marché français.
Donc oui il y a moyen de nourrir 70 millions de français à condition de s’écarter du modèle de l’agro-industrie défendu par le lobby FNSEA.
Ok mais comment? On va nourrir 70 millions de français en faisant quoi?
Je pense comme toi que tout ce qui est intensif est une connerie mais on met quoi en place pour y mettre un terme?
Je ne suis pas suffisamment calé sur le sujet mais je me suis placé dans le cadre d’une hypothèse maximaliste et ai demandé à 3 IA différentes, on retrouve à peu près le même type de réponse.
Donc entre la situation actuelle et mon hypothèse maximaliste, il y a pas mal d’options possibles. Et clairement ça ne se ferait pas en quelques mois.
Ma question : Dans l’hypothèse où toute la production est consacrée au marché français, est-ce qu’une agriculture 100% biologique pourrait nourrir la population française ?
Oui, une agriculture 100 % biologique pourrait nourrir la population française, mais à une condition fondamentale : cela suppose une transformation profonde de nos régimes alimentaires et de notre gestion des ressources.
Plusieurs études prospectives de référence (comme le scénario Afterres2050 de l'association Solagro ou les travaux du CNRS et de l'IDDRI sur l'agroécologie) démontrent la faisabilité de ce modèle, qui repose sur l'articulation de trois grands leviers :
1. La baisse des rendements et le défi de la surface
L'agriculture biologique se passe d'engrais azotés de synthèse et de pesticides, ce qui entraîne mécaniquement une baisse des rendements par hectare pour certaines cultures (souvent estimée entre 20 % et 40 % selon les productions par rapport au conventionnel intensif).
• Sans changement de mode de vie, passer à un système 100 % bio à l'échelle de la France ou de l'Europe entraînerait un déficit calorique si l'on continuait à produire et à consommer de la même manière.
• Pour que l'équation fonctionne, il faut donc agir sur ce que nous consommons et ce que nous gaspillons.
2. Les transformations nécessaires du système alimentaire
Les modélisations scientifiques montrent qu'un passage au 100 % bio (ou à l'agroécologie intégrale) est possible en combinant les actions suivantes :
• La réduction de la consommation de produits animaux : C'est le facteur clé. L'élevage actuel consomme une part immense des terres arables pour produire des céréales et du soja destinés à l'alimentation animale. En réduisant drastiquement notre consommation de viande et de produits laitiers (tout en privilégiant des élevages nourris à l'herbe et aux sous-produits), on libère des surfaces gigantesques pour nourrir directement les humains.
• La division par deux du gaspillage alimentaire : Réduire les pertes tout au long de la chaîne (de la production jusqu'à l'assiette du consommateur) permet de compenser la baisse globale des volumes bruts récoltés.
• Le retour de la polyculture-élevage : Rompre avec la spécialisation extrême des régions agricoles pour réassocier cultures végétales et élevage, permettant une fertilisation naturelle des sols grâce aux effluents (fumier, lisier) et l'introduction de légumineuses (qui captent l'azote de l'air) dans les rotations de cultures.
En résumé
Si l'on maintient notre modèle de surconsommation de produits carnés et notre niveau de gaspillage actuel, une agriculture 100 % biologique ne peut pas nourrir la France. En revanche, dans le cadre d'un scénario de transition globale — associant régimes alimentaires plus végétaux, lutte acharnée contre le gaspillage et pratiques agroécologiques —, non seulement la France peut se nourrir elle-même, mais elle réduit par la même occasion considérablement son empreinte carbone et restaure sa biodiversité et la qualité de ses eaux.